Les femmes qui m’inspirent…Subhadra Natarajan (2)

Posted by Chantal Jumel

Remercier la nature, Pongal dans la famille de Subhadra

L’économie du Tamil-Nadu repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage et depuis toujours les fêtes sont liées au cycle des saisons agricoles. La fête de Pongal pendant le mois tamoul de tai (mi-janvier, mi-février) célèbre donc la nouvelle année, le soleil, la terre nourricière et le bétail. Toutes les communautés prennent part à ce festival qui mêle pratiques religieuses locales et sports séculaires. Ces célébrations diffèrent quelque peu d’une région à l’autre et d’une communauté à l’autre. Cette période correspond également au solstice d’hiver qui incarne le renouveau et la fertilité. Le premier jour du mois de « tai» (mi-janvier, mi-février) consacre la renaissance du soleil ; celui-ci traverse le ciel en direction du nord «Uttarâyana» pour entrer dans le signe zodiacal de « makaram » (capricorne).

kolam devant la jardinière du basilic sacré Subhadra, la maîtresse de maison trace au pied de la jardinière en ciment où pousse le basilic sacré « tulasi » les motifs qui symbolisent le jour de la semaine, deux paires de serpents stylisés ainsi qu’une feuille de bétel avec la noix tranchée de l’aréquier.
Le jour de Pongal, la famille se lève à cinq heures du matin, réveillée par des amis musiciens du couple qui entonnent avec beaucoup d’enthousiasme des chants tout en déambulant autour du basilic sacré. Puis chacun retourne chez soi pour le bain de purification et le petit déjeuner.
À la cuisine, la maîtresse des lieux s’affaire, elle prépare le pot qui servira à cuire le riz nouveau. Marqué de pâte de santal, le col du récipient revêt pour l’occasion une ceinture végétale composée de la plante curcuma tout entière. La décoration terminée, le riz et les divers ingrédients cuisent à feu doux dans le lait.

 

Char solaire

Durant toute la durée de la cuisson, la maîtresse retourne devant le basilic sacré pour y dessiner un char solaire qui recevra les offrandes lors de la consécration familiale. Des cannes à sucre et des plants entiers de curcuma ornent les flancs de la jardinière de ciment.
L’installation du pot sur le kolam devant l’autel du tuḷasi et les offrandes diverses posées sur une feuille de bananier (canne à sucre, curcuma, noix de coco et des légumes) préludent l’hommage au soleil. Après les prières et les chants appropriés, la cérémonie s’achève avec la distribution du riz dans lequel la maîtresse de maison aura préalablement glissé une pièce de cinq roupies afin que celui ou celle qui la trouve connaisse la prospérité pour l’année à venir.