Concours de Kolam 2016 au “Mylapore Festival”

Posted by Chantal Jumel

” Depuis quelques décennies on observe une mutation profonde de la société tamoule. Le statut et le territoire des femmes en milieu urbain se modifient et s’étendent bien au-delà de la maison pour conquérir l’espace publique. Il n’y a d’ailleurs pas nécessairement opposition entre ces deux mondes, juste une extension du territoire synonyme d’une extension relative du pouvoir et de l’émancipation des femmes.
Le pouvoir de ces images éphémères à générer des messages a été pressenti par divers acteurs sociaux qui voient là, un vecteur idéal pour la publicité, pour des messages à caractère social (vertus de l’allaitement, de la famille réduite etc..), politique ou pédagogique. Les kôlam sont également objets de concours et investissent les stades, les cours d’école et les salles des fêtes. La participation active des femmes aux compétitions de kôlam leur assure si elles gagnent, une reconnaissance personnelle, sentiment bien différent de ce qu’elles peuvent expérimenter dans le cadre de la maison. Le statut d’artiste de kôlam est également revendiqué par celles qui deviennent à temps complet des spécialistes de la « décoration éphémère » afin de palier au déficit des femmes au foyer.”

Extrait de mon livre « KÔLAM et KALAM, Peintures rituelles éphémères de l’Inde du Sud, Editions Geuthner, 2010.


Arts & Cultures N° 16 / 2015

Posted by Chantal Jumel

ARTICLE “Voyage dans l’Inde graphique : Kôlam, images éphémères des femmes tamoules ” Chantal Jumel.
Disponible en Français ici.
Arts & Cultures N° 16 / 2015

Date de parution : 01/07/2015
Prix : 30,00 €
Disponible
Reliure : Broché
Pages : 244
Illustrations : 250
Format : 23 x 30 cm
Editeur(s) : Coédition Musées Barbier-Mueller / Somogy éditions d’Art

Salon “L’Inde des Livres”

Posted by Chantal Jumel

Inde des livres

Au salon “l’Inde des Livres”, je vous donne rendez-vous dimanche 16 novembre de 15h à 16h pour la signature de l’ouvrage “Voyage dans l’imaginaire indien, Kôlam, dessins éphémères des femmes tamoules”.  Auteur: Chantal Jumel,  Editions Geuthner

http://www.geuthner.com/livre/voyage-dans-l-imaginaire-indien/1003

Mairie du 20arrondissement de Paris
Pour plus de renseignements contacter l’association
Les Comptoirs de l’Inde, 60, rue des Vignoles, 75020 Paris.
Tél. : 01 46 59 02 12

Voyage dans l’imaginaire Indien, Kolam, dessins éphémères des femmes tamoules.

Posted by Chantal Jumel

Disponible dès maintenant

http://www.geuthner.com/livre/voyage-dans-l-imaginaire-indien/1003

Voyage dans l'imaginaire indien

Je suis heureuse de vous présenter mon dernier ouvrage. Livre avec illustrations graphiques et planches couleurs, 17 euros. Pour le commander,Téléphoner aux Editions GEUTHNER au +33 1 46 34 71 30 ou envoyer un mail à geuthner@geuthner.com

ACCUEILLIR LE JOUR

“Quelle surprenante idée d’accueillir le jour avec des diagrammes de farine de riz. Peu importe ce que l’on y saisit de prime abord,  les kôlam attirent le regard par leurs contours aériens. Pour l’occidentale que je suis, ils évoquent l’ouvrage précieux d’une dentellière, les jeux de ficelle et leurs nombreuses figures sans oublier les décorations éphémères en sciures colorées ou les chemins de fleurs des Fête-Dieu d’antan. Entre la main des femmes et la terre, entre la poussière du sol et celle de l’auguste graminée nommée riz une surprenante rencontre se met en place. Déambuler à l’aube dans les rues tamoules sollicite l’ouïe bien avant le regard qui peine à distinguer le  monde environnant.

 Dans la pénombre, des femmes s’interpellent et on devine les regards qui jaugent le lieu où elles vont dessiner ; elles tiennent dans les mains des boîtes contenant de la poudre blanche. Le dos incliné à l’équerre, le poignet cadence les doigts qui déposent à intervalles réguliers de discrets repères de farine de riz ou de poudre de quartz. Aux bruissements des insectes nocturnes et aux croassements des corneilles succèdent le chuchotis des balais en paille et le claquement de l’eau que des mains projettent horizontalement de récipients en métal. Les gouttelettes suspendues un court instant en un voile transparent chutent mollement sur la terre ou rebondissent joyeusement sur la chaussée citadine.

C’est sur cette trame en pointillé à l’exemplaire symétrie que viendront se poser des fleurs, des oiseaux, des divinités ou des diagrammes géométriques. D’autres femmes étirent de grandes lignes parallèles dans un mouvement plus lent, plus ample, presque coulant en effleurant le sol. Les balancements du bras et du corps tout entier et la gestuelle enroulée et limpide suspendent les lignes dans des élans qui semblent ne jamais vouloir s’unir à la terre. Lorsqu’enfin les lignes se posent sur un fond devenu puissant par l’éclat de leur blancheur sculpturale, elles s’amusent en toute modestie à déjouer les forces maléfiques et à protéger le promeneur autant que les membres de la maison.Imperceptiblement les objets se laissent deviner et accueillent la naissance du jour en revêtant une apparence sonore, fluide et rythmée.”

Extrait de l’Introduction à “Voyage dans l’imaginaire Indien, Kôlam, dessins éphémères des femmes tamoules.” ©Copyright Chantal jumel