Concours de Kolam 2016 au “Mylapore Festival”

Posted by Chantal Jumel

” Depuis quelques décennies on observe une mutation profonde de la société tamoule. Le statut et le territoire des femmes en milieu urbain se modifient et s’étendent bien au-delà de la maison pour conquérir l’espace publique. Il n’y a d’ailleurs pas nécessairement opposition entre ces deux mondes, juste une extension du territoire synonyme d’une extension relative du pouvoir et de l’émancipation des femmes.
Le pouvoir de ces images éphémères à générer des messages a été pressenti par divers acteurs sociaux qui voient là, un vecteur idéal pour la publicité, pour des messages à caractère social (vertus de l’allaitement, de la famille réduite etc..), politique ou pédagogique. Les kôlam sont également objets de concours et investissent les stades, les cours d’école et les salles des fêtes. La participation active des femmes aux compétitions de kôlam leur assure si elles gagnent, une reconnaissance personnelle, sentiment bien différent de ce qu’elles peuvent expérimenter dans le cadre de la maison. Le statut d’artiste de kôlam est également revendiqué par celles qui deviennent à temps complet des spécialistes de la « décoration éphémère » afin de palier au déficit des femmes au foyer.”

Extrait de mon livre « KÔLAM et KALAM, Peintures rituelles éphémères de l’Inde du Sud, Editions Geuthner, 2010.