Livres et références sur les alpona

Posted by Chantal Jumel

Prabhat Niyogi, “Alpona”, reproduction en couleurs dans “Prabasi”
Agrahayan, 1337 Bangabda (calendrier bengali), novembre-décembre, 1930.
Mukul Dey Archives, Santiniketan .
Alpona

Chittaprasad Bhattacharya, Alpona,
Artiste engagé, né en 1915, il luttera toute sa vie contre le système des caste, le colonialisme et l’oppression féodale.
Alpona, Chittaprasad Bhattacharya, gravure sur bois

Tapan Mohan Chatterji, 1948, anglais

Prativa Bala Bardhan, 1962, bengali et anglais

Eva Maria Gupta, 1983, allemand

Brata und Alpana in Bengalen, Eva Maria Gupta, Franz Steiner verlag, 1983.

Brata und Alpana in Bengalen, Eva Maria Gupta, Franz Steiner verlag, 1983.

Abanindranath Tagore, nouvelle édition 2014, bengali

Banglar Brata, Abanindranath Tagore, Introduction et annotations by Dibyajyoti Majumodar, éditions Gangchil, Kolkata, Novembre 2014

Banglar Brata, Abanindranath Tagore, Introduction et annotations by Dibyajyoti Majumodar, éditions Gangchil, Kolkata, Novembre 2014

Arts & Cultures N° 16 / 2015

Posted by Chantal Jumel

ARTICLE “Voyage dans l’Inde graphique : Kôlam, images éphémères des femmes tamoules ” Chantal Jumel.
Disponible en Français ici.
Arts & Cultures N° 16 / 2015

Date de parution : 01/07/2015
Prix : 30,00 €
Disponible
Reliure : Broché
Pages : 244
Illustrations : 250
Format : 23 x 30 cm
Editeur(s) : Coédition Musées Barbier-Mueller / Somogy éditions d’Art

Pillaiyâr, le leveur d’obstacles

Posted by Chantal Jumel

Pillaiyar

Ganesha, le dieu à tête d’éléphant ou Pillaîyar en tamoul est sûrement la divinité indienne la plus populaire et la plus connue en Occident. Sa bonhomie est légendaire et son ventre proéminent un signe de gourmandise. Il aurait écrit, avec sa défense cassée, la grande épopée du Mahâbhârata que le sage Vyasa dictait et c’est pour cela qu’on le nomme « Ekadhenta » (Qui n’a qu’une dent).

Il a pour monture une souris qui symbolise tantôt l’égoïsme tantôt la patience. Ses larges oreilles comparées aux vans des moissonneurs séparent et jettent au vent la poussière des illusions terrestres pour ne garder que les valeurs véritables. On dit que sa trompe est courbée parce qu’elle contourne les obstacles.

Ganesh drawn on water

Bien que son image trône parmi les autres divinités de la maison, on note sa présence partout dans les commerces, les échoppes de fortune, les lieux de travail voire sur les tableaux de bord des taxis ou des rickshaw. En dehors de l’adresse quotidienne qui lui est faite, la célébration de sa naissance «Pillaîyar chaturti » prend la forme d’une fête populaire durant le mois lunaire d’âvani (mi-août, mi-septembre). La famille mais plus particulièrement les enfants achètent sur les nombreux étals du marché voisin, une statuette de terre à l’image du dieu qui sera placée sur une feuille de bananier sur laquelle on a étalé du riz. L’autel domestique se pare de kôlam, de fleurs et d’offrandes culinaires sous la forme de pâtisseries rondes sucrées ou salées appelées kozhukkattai et dédiés à Ganesha. Une fois les dévotions terminées, la statuette est immergée dans la mer, un étang ou une rivière.

Ronde d'éléphantsUne des légendes raconte comment Parvati, l’épouse de Shiva, fut un jour dérangée par son seigneur qui entra dans la maison alors qu’elle prenait un bain. Irritée de ne pas avoir de servante pour veiller sur son intimité, elle décida de modeler l’image d’un bel enfant avec les onguents dont elle avait enduit son corps. Après lui avoir donné vie, elle lui ordonna de monter la garde devant sa demeure et d’interdire à quiconque d’en franchir le seuil. Shiva de retour chez lui, étonné de trouver un jeune garçon devant l’entrée principale lui demanda de s’éloigner. Exaspéré par son refus de quitter les lieux, il lui trancha la tête. Parvati en larmes implora son époux de redonner vie à son enfant. Shiva confus, ordonna que fût coupée la première tête que l’on trouverait. C’est ainsi que la tête d’un éléphant devint l’attribut si particulier de l’enfant de la déesse. Pour réparer sa faute, Shiva reconnut Ganesha comme son fils et le nomma chef des gana, une horde désordonnée de génies qu’il a pour tâche de conduire.

Extrait de « Voyage dans l’imaginaire Indien, Kôlam, dessins éphémères des femmes tamoules. » ©Copyright Chantal jumel

Voyage dans l’imaginaire Indien, Kolam, dessins éphémères des femmes tamoules.

Posted by Chantal Jumel

Disponible dès maintenant

http://www.geuthner.com/livre/voyage-dans-l-imaginaire-indien/1003

Voyage dans l'imaginaire indien

Je suis heureuse de vous présenter mon dernier ouvrage. Livre avec illustrations graphiques et planches couleurs, 17 euros. Pour le commander,Téléphoner aux Editions GEUTHNER au +33 1 46 34 71 30 ou envoyer un mail à geuthner@geuthner.com

ACCUEILLIR LE JOUR

“Quelle surprenante idée d’accueillir le jour avec des diagrammes de farine de riz. Peu importe ce que l’on y saisit de prime abord,  les kôlam attirent le regard par leurs contours aériens. Pour l’occidentale que je suis, ils évoquent l’ouvrage précieux d’une dentellière, les jeux de ficelle et leurs nombreuses figures sans oublier les décorations éphémères en sciures colorées ou les chemins de fleurs des Fête-Dieu d’antan. Entre la main des femmes et la terre, entre la poussière du sol et celle de l’auguste graminée nommée riz une surprenante rencontre se met en place. Déambuler à l’aube dans les rues tamoules sollicite l’ouïe bien avant le regard qui peine à distinguer le  monde environnant.

 Dans la pénombre, des femmes s’interpellent et on devine les regards qui jaugent le lieu où elles vont dessiner ; elles tiennent dans les mains des boîtes contenant de la poudre blanche. Le dos incliné à l’équerre, le poignet cadence les doigts qui déposent à intervalles réguliers de discrets repères de farine de riz ou de poudre de quartz. Aux bruissements des insectes nocturnes et aux croassements des corneilles succèdent le chuchotis des balais en paille et le claquement de l’eau que des mains projettent horizontalement de récipients en métal. Les gouttelettes suspendues un court instant en un voile transparent chutent mollement sur la terre ou rebondissent joyeusement sur la chaussée citadine.

C’est sur cette trame en pointillé à l’exemplaire symétrie que viendront se poser des fleurs, des oiseaux, des divinités ou des diagrammes géométriques. D’autres femmes étirent de grandes lignes parallèles dans un mouvement plus lent, plus ample, presque coulant en effleurant le sol. Les balancements du bras et du corps tout entier et la gestuelle enroulée et limpide suspendent les lignes dans des élans qui semblent ne jamais vouloir s’unir à la terre. Lorsqu’enfin les lignes se posent sur un fond devenu puissant par l’éclat de leur blancheur sculpturale, elles s’amusent en toute modestie à déjouer les forces maléfiques et à protéger le promeneur autant que les membres de la maison.Imperceptiblement les objets se laissent deviner et accueillent la naissance du jour en revêtant une apparence sonore, fluide et rythmée.”

Extrait de l’Introduction à “Voyage dans l’imaginaire Indien, Kôlam, dessins éphémères des femmes tamoules.” ©Copyright Chantal jumel