Kalam

Kalam, peintures rituelles du Kerala

 




Au Kérala, cette tradition de peinture éphémère s’appelle “Kalam-Eluttu Pattu” ou dessiner et chanter le kalam.
Presque invisibles, les peintures éphémères du Kérala ou kalam ne s’offrent pas aux regards du promeneur matinal comme le kôlam, elles sont élaborées le plus souvent dans l’intimité et concentrent l’attention de la famille à l’intérieur de la maison ou des dévots lorsqu’elles sont dessinées au sein du temple.

Au Kérala, il existe des communautés de peintres rituels dont la fonction consiste à tracer dans les temples ou dans les maisons, des fresques éphémères avec des poudres minérales et végétales appelées yantra, mandala ou kalam pour accueillir et apaiser la divinité invoquée. Ces dernières sont des images plutôt anthropomorphes et l’offciant chargé d’exécuter le kalam matérialise en quelque sorte le corps du divin qui est donné à voir et à toucher.

Ces peintures réalisées au moyen de poudres minérales et végétales servent de support aux cérémonies en l’honneur de la Déesse, des serpents et autres divinités du panthéon hindou. Elles sont également élaborées dans un but thérapeutique car dans l’esprit du villageois indien, les maladies, la stérilité, la mort prématurée étaient et sont encore attribuées aux puissances surnaturelles ou aux « esprits saisisseurs » qu’il convient d’amadouer ou d’anéantir par des incantations, des chants et des gestes symboliques des mains (mudra).

Ces dessins éphémères ne proviennent pas de l’imagination du prêtre, ils sont dictés par des règles précises qui incluent les formes et les couleurs. Pour comprendre ces peintures cérémonielles, il faut les visualiser en relation avec leur contexte.

L’iconographie se rapporte aux mythes, aux légendes et aux préceptes mémorisés et transmis de génération en génération. L’apprentissage et la transmission de ces peintures rituelles se font au sein des différentes traditions.
Les garçons assistent leurs pères, préparent et mélangent les poudres, remplissent les espaces de couleurs appropriées et observent les tracés jusqu’à ce qu’ils soient jugés dignes de dessiner eux-mêmes.