Inde du sud

Inde du Sud, Tamil-Nadu et Kérala

 

Le Tamil Nadu

Le Tamil-Nadu, bordé au nord et nord-ouest par L’Andhra Pradesh et le Karnataka, à l’ouest par le Kérala, baigne ses côtes le long du Golfe du Bengale pour achever sa course au cap de la vierge ou « Kania Kumari » à l’extrémité sud de L’Inde. Entre les plaines côtières de l’Est et les hauts plateaux à l’Ouest, les paysages sont très panachés alliant rizières, plantations de caoutchouc et d’eucalyptus, plates-formes arides pour la culture du coton et épaisses forêts tropicales qui abritent des tigres, des éléphants, des singes et des cervidés.

Bien avant l’ère chrétienne, les rois tamouls ont ouvert des voies maritimes vers la Chine, l’Indonésie, La Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge propageant par la même occasion la culture Hindoue. Les échanges commerciaux furent également nombreux avec le monde gréco-romain et la période est marquée par la présence et l’effervescence de poètes réunis en académies appelées « Sangam » et qui donnèrent à la littérature tamoule des textes non religieux pour la plupart, recueillis à ce jour en anthologies mais qui restent et cela en dépit de quelques rares traductions, le délice de quelques dilettantes.

La vitalité et la prospérité économique qui découlent de ce commerce maritime, incitent les dynasties successives Pallava, Chola et Pandya à construire des sanctuaires taillés dans les rochers des bords de mer et d’innombrables temples aux tours impétueuses se lançant à l’assaut du ciel. Aujourd’hui encore l’architecture grandiose et les sculptures illustrant des pans entiers de la mythologie hindoue témoignent de la puissance et de l’originalité des souverains qui se succédèrent du 7ème au 18ème.

Cette architecture connaît d’ailleurs une apothéose dans l’édification et l’agencement de monumentales villes-sanctuaires que sont Kanchipuram, Tiruchirapalli et Madurai où vie profane et activités religieuses se côtoient au quotidien. C’est également sous le patronage de ces rois bâtisseurs que les littératures philosophiques, religieuses, musicales et dramatiques en langues sanskrite mais surtout tamoule se développent.

Une période de floraison exceptionnelle, marquée par la présence de poètes mystiques, hommes et femmes, bardes itinérants de confession shivaïte et visnouite et dont les écrits et les hymnes résonnent aujourd’hui encore dans les temples et au sein des maisons quand ils ne s’inscrivent pas dans la savante gestuelle des danseuses classiques. Ce patrimoine artistique et religieux unique fut préservé intact car épargné jusqu’à une époque tardive de l’influence et de l’implantation de l’Islam.