Des femmes qui m’inspirent…Anantha Valli (1)

Posted by Chantal Jumel

 Tout commence par une invitation à venir observer les kolam de la ruelle où se trouve la très populaire cantine traditionnelle appelée « Mami Tiffen stall ».  Durant le mois sacré de Margazhi[1] l’entrée du restaurant à Mylapore (Chennai) resplendit de nombreux dessins de sol comme partout ailleurs dans le quartier et au Tamil-Nadu.

  C’est à 22h après la fermeture des lieux qu’une équipe dirigée par Latha ou Anantha Valli lave à grandes eaux le seuil et une partie de la ruelle. Les jeunes hommes cuisiniers de jour et assistants la nuit prêtent main forte à la maîtresse des lieux. Elle dessine et eux remplissent les espaces de poudres colorées ou rehaussent certaines lignes avec le kâvi ; une teinture rouge à l’oxyde de fer. Il faut se dépêcher car demain dès 6h, les clients arrivent et les dessins seront là pour les accueillir.

Latha et Anandha Valli sont des artistes talentueuses. Leurs mains expertes tracent  sans effort aucun des lignes doubles qui jaillissent d’entre les doigts pour former les contours d’un ou de plusieurs padi kolam de grande taille. 

Anantha Valli prend le relais deux jours plus tard car sa belle-soeur se rend dans son village natal.


[1] Mi-décembre, mi-janvier. Un mois dédié à la prière at aux austérités en vue du mariage.
 

 

La déesse Lakshmi et la maîtresse de maison, une complicité particulière

Posted by Chantal Jumel

« De toutes les divinités conviées dans la maison, Lakshmi est chère aux cœurs des femmes et les multiples intentions qui lui sont adressées reflètent l’importance du culte à la Déesse dans l’Hindouisme. Dans l’univers domestique tamoul, Lakshmi, épouse de Vishnou, incarne la bonne fortune et l’épanouissement en ce monde, à savoir Beauté, Abondance, Prospérité et Bonheur conjugal. L’image de Lakshmi la plus populaire la représente assise ou debout sur un lotus et tenant cette même fleur dans chaque main et flanquée de deux éléphants déversant sur elle une pluie bienfaisante ou des pièces d’or. Elle figure également sous les noms de « Padma » ou encore « Kamala » qui signifient lotus. Il semble alors naturel que les kôlam qui matérialisent sa présence la symbolisent par des lotus figuratifs ou abstraits qui deviennent plus élaborés le mardi et le vendredi, deux jours dans la semaine perçus comme particulièrement de bon augure pour célébrer la déesse. »[1]

Hema célèbre ses dieux ou déesses en écrivant un petit texte avec le kôlam ou une prière. Voici pour Lakshmi:

En hommage à la déesse

“Sarva gyaye Sarva Varadae
Sarva dushta bhayankarae
Sarva dukhaharae Devi
Mahalakshmi Namostutay”

“You grant favours to your children
Even as you scare the evil away!
You remove the misery from our lives
Oh Divine Goddess Lakshmi…
Please accept my Salutations “

[1] Extrait de mon livre « KÔLAM et KALAM, Peintures rituelles éphémères de l’Inde du Sud, Editions Geuthner, 2010, page 46

Venez vous initier au KOLAM.. à Quimperlé samedi 12 novembre, Salle du Coat Kaër à partir de 14 H.

Posted by Chantal Jumel

Sur les traces des femmes indiennes …Venez vous initier au KOLAM !
Salle du Coat Kaër à partir de 14 H.

Article du Télégramme
http://www.letelegramme.fr/finistere/quimperle/kolam-sur-les-traces-des-femmes-indiennes-28-10-2016-11272287.php

Les femmes qui m’inspirent …..Ramamani

Posted by Chantal Jumel

« Par la grâce divine, je dessine en laissant libre cours à ma main…ça vient naturellement..lorsque je suis assise en face du basilic sacré (tulasi), je visualise la scène, IL me montre la voie et je dessine. »

Ramamani vit à Bangalore et n’aime guère parler d’elle-même excepté qu’elle est retraitée après avoir travaillé pour le gouvernement indien durant de nombreuses années. Aujourd’hui, elle peut s’adonner entièrement à la dévotion qui la lie au dieu Krishna et qu’elle exprime par les prières et les kolam qui lui sont destinés. Chaque jour, elle dessine dans la cour intérieure de sa maison face à la jardinière de basilic sacré. Sur une pierre de granite noir, elle décline les exploits de sa divinité favorite. Les poudres de couleur posées avec légèreté évoquent le travail d’une aquarelliste.

Inspirée par les récits du Ramayana et du Mahabharata, elle espère que les images qu’elle offre avec ferveur attireront l’attention divine. Avant elle dessinait uniquement la conque et le chakra (attributs de Vishnou) puis un jour ce fut la révélation après avoir visité un temple à Sonda, un village situé au Karnataka, elle sentit que Krishna en personne allait dorénavant guider sa main et son cœur.